Auteur: Henk Tennekes

  • Toxicité subchronique de l’imidaclopride et de ses métabolites chez l’abeille domestique Apis mellifera

    Toxicité subchronique de l’imidaclopride et de ses métabolites chez l’abeille domestique Apis mellifera

    Par G. Séverine Suchail, Luc P. Belzunces et Bernard E. Vaissière.

    Dans le cadre du vaste programme de recherche démarré en 1998 pour estimer la part de responsabilité du traitement au Gaucho® dans les affaiblissements des ruchers, des études toxicologiques ont été effectuées chez l’abeille domestique Apis mellifera. Ce travail a permis d’évaluer la toxicité aiguë (toxicité induite par l’administration d’une dose unique de toxique) de l’imidaclopride, substance active du Gaucho“, et de ses principaux métabolites (produits de dégradation).

    Par G. Séverine Suchail, Luc P. Belzunces et Bernard E. Vaissière.

    Dans le cadre du vaste programme de recherche démarré en 1998 pour estimer la part de responsabilité du traitement au Gaucho® dans les affaiblissements des ruchers, des études toxicologiques ont été effectuées chez l’abeille domestique Apis mellifera. Ce travail a permis d’évaluer la toxicité aiguë (toxicité induite par l’administration d’une dose unique de toxique) de l’imidaclopride, substance active du Gaucho“, et de ses principaux métabolites (produits de dégradation).

    Les métabolites testés correspondaient aux principaux produits de dégradation de l’imidaclopride détectés chez les végétaux : le 5-hydroxy-imidaclopride, l’oléfine, l’acide 6-chloronicotinique, le 4,5-dihydroxy-imidaclopride et les dérivés urée et guanidine (Araki et al., 1994). Cette étude a mis en évidence une toxicité extrêmement élevée de l’imidaclopride (DL50 ˜ 600 mg/kg d’abeilles) ainsi que de deux de ses métabolites : le 5-hydroxy-imidaclopride (DL50 ˜ 2600 mg/kg d’abeilles) et l’oléfine (DL50 ˜ 300 mg/kg d’abeilles ; Suchail et al., 2000 ; 2001). La dose létale 50 (DL50) représente la dose de toxique conduisant à la mort de 50% des individus. Cette DL50 rend compte de la toxicité intrinsèque de la substance active considérée. Ces études de toxicité aiguë, réalisées dans des conditions normalisées et standardisées (méthode de laboratoire officielle de la Commission des Essais Biologiques n°95 en accord avec les annexes II et III de la directive 91/414-CEE), permettent d’une part de classer les substances actives selon leur toxicité intrinsèque et d’autre part de mieux comprendre certains aspects de la dynamique d’action du toxique. Ces études restent une base nécessaire pour évaluer la toxicité d’une matière active chez un organisme.

    De plus et dans ce contexte, il a été aussi important de déterminer la toxicité subchronique c’est-à-dire la toxicité induite par l’ingestion répétée de toxique par l’abeille. Les cultures de tournesol présentent une masse florale importante et les capitules sont très attractifs de sorte que l’on y observe souvent de densités de butineuses élevées tout au long de la floraison. En présence d’une source de nourriture abondante et renouvelée pendant plusieurs jours consécutifs comme, par exemple, une surface de tournesol en fleurs, les abeilles sont fidèles pendant plusieurs jours aux fleurs d’une même espèce et d’une même zone (Singh, 1950). C’est pourquoi, nous avons étudié la toxicité subchronique de l’imidaclopride et de ses principaux métabolites chez l’abeille domestique. Les études toxicologiques de ce type ont pour objectif d’évaluer la toxicité à long terme de faibles doses de toxiques ingérés de façon répétée. Les essais ont été effectués avec des concentrations de toxiques comparables au niveau de contamination observé dans les ressources collectées par les abeilles (nectar et pollen) qui est de l’ordre de quelques mg/kg (Bonmatin et al., 2003). De plus, la floraison du tournesol se déroulant sur une dizaine de jours, les tests de toxicité subchronique ont été réalisés pendant dix jours consécutifs.
    La veille de l’essai, les abeilles sont prélevées dans la colonie puis sont immédiatement soumises à une brève anesthésie par diffusion de dioxyde de carbone et sont ensuite réparties dans les cagettes de contention de type Pain à raison de 30 individus par cagette.

    Pour l’étude, les abeilles sont nourries pendant 10 jours consécutifs avec des solutions de saccharose à 50 % (poids/volume) supplémentées ou non d’imidaclopride ou d’un de ses métabolites. La mortalité des abeilles est suivie quotidiennement pendant ces dix jours. Chaque essai comprend des traitements contrôles (solution de saccharose), des traitements témoins (solution de saccharose supplémentée en diméthylsulfoxyde (DMSO : solvant de l’imidaclopride et de ses métabolites) et des traitements essais avec différentes doses de produit à tester. Chaque modalité de traitement est constituée de 3 cagettes d’abeilles et chaque essai est répété à trois reprises. Les traitements contrôles estiment la mortalité naturelle et vérifient la qualité des abeilles utilisées dans l’essai. Les traitements témoins évaluent la toxicité du solvant utilisé pour préparer les solutions d’imidaclopride et de ses métabolites. Pendant toute la durée de l’étude, les abeilles sont placées à l’obscurité dans une enceinte climatisée à 25 ± 2°C avec une humidité relative d’environ 60%.

    Les abeilles sont intoxiquées pendant 10 jours consécutifs avec des solutions de saccharose contenant de l’imidaclopride ou l’un de ses métabolites à des concentrations de 0,1 (l), 1 (n) et 10 (p) _g/L. La mortalité corrigée correspond à la mortalité des abeilles intoxiquées par l’imidaclopride corrigée en enlevant la mortalité des abeilles ayant ingéré uniquement une solution de saccharose. Les valeurs représentent la moyenne de 3 expériences répétées à trois reprises.

    On constate qu’après des ingestions répétées de faibles doses, l’imidaclopride et tous ses métabolites sont toxiques pour les abeilles. Les premières mortalités d’abeilles apparaissent seulement 24 heures après l’intoxication et ce, quel que soit le composé testé. Il n’existe pas de relation effet-dose que ce soit pour l’imidaclopride ou pour ses métabolites. La mortalité des abeilles atteint 50 % après avoir ingéré de façon répétée ces toxiques pendant environ 8 jours.

    Comparaison entre la toxicité aiguë et la toxicité subchronique de l’imidaclopride et de ses métabolites. La détermination du rapport de la toxicité aiguë (DL50) sur la toxicité subchronique (dose 50 cumulée) permet de comparer les effets létaux induit par ces deux modes d’intoxication. La dose cumulée 50 est défini comme la dose de toxique ingéré de façon répétée tuant 50 % des abeilles. Sachant que (1) la consommation moyenne quotidienne de solution de saccharose contenant de l’imidaclopride ou l’un de ses métabolites a été évaluée lors des expérimentations à 12 mL, et (2) huit jours sont nécessaires pour entraîner la mort de 50 % des abeilles et ce, quelle que soit la dose ou le toxique utilisé, la dose 50 cumulée, pour des concentrations de 10, 1 et 0,1 mg/L d’imidaclopride ou de ses métabolites, est donc de 10, 1 et 0,1 mg/kg d’abeilles (poids frais) (Tableau 1).

    Les rapports de la DL50 sur la dose 50 cumulée sont déterminés pour les concentrations de 0,1, 1 et 10 mg/L d’imidaclopride ou de métabolites. L’imid., le 5-OH, le 4,5-diOH, le 6-CNA correspondent respectivement à l’imidaclopride, au 5-hydroxy-imidaclopride, au 4,5-dihydroxy-imidaclopride et à l’acide 6-chloronicotinique.

    Plus le rapport de la toxicité aiguë sur la toxicité subchronique est élevé, plus la différence entre la toxicité aiguë et la toxicité subchronique est importante et plus de faibles doses en intoxication subchronique sont capables d’induire des mortalités. Ce rapport met en évidence que tous les métabolites sont toxiques et ce à des doses 3000 à 100 000 fois inférieures à celles nécessaire pour produire les mêmes effets en toxicité aiguë. Ces résultats montrent que la différence de quantité de toxique ingéré par les abeilles, après intoxication aiguë et subchronique des composés (imidaclopride et métabolites) est extrêmement importante que ces quantités produisent le même effet en terme de mortalité. Quelles que soient les doses testées, cette différence est encore plus prononcée pour les métabolites qui n’induisaient pas de mortalité en toxicité aiguë, c’est-à-dire pour le 4,5-hydroxy-imidaclopride, l’acide 6-chloronicotinique et les dérivés guanidine et urée.

    Conclusion

    Nos résultats démontrent combien il est capital de mieux prendre en compte, les effets des faibles doses de toxiques dans l’évaluation du risque de pesticides chez l’abeille. En effet, nous avons montré que même des doses de l’ordre du mg/kg entraînaient non seulement des effets délétères (nocifs) mais aussi des effets létaux. Les effets sublétaux, c’est-à-dire les effets n’entraînant pas la mort des abeilles mais des modifications au niveau comportemental, physiologique ou biochimique, ne sont toutefois pas à négliger car ils peuvent avoir des conséquences graves à l’échelle des colonies d’abeilles. Les modifications comportementales observées affectent essentiellement la division des tâches entre ouvrières au sein des colonies comme l’operculation des cellules, le nourrissement des larves ou le nettoyage de la ruche (Storner et al., 1983 ; Nation et al., 1986). Des troubles de l’orientation spatiale des ouvrières ont été aussi constatés avec pour conséquence l’impossibilité de transmettre la localisation d’une source de nourriture à leurs congénères (Vandame et al., 1995). Les altérations morphologiques ou physiologiques, comme les malformations des ailes ou la diminution de la croissance sont toutes aussi importantes (Atkins et kellum, 1986). Enfin, des désordres biochimiques comme le déclenchement d’une hypoglycémie peuvent aussi avoir des conséquences néfastes pour la colonie d’abeilles (Bendahou et al., 1999). Tous ces effets sublétaux peuvent, in fine, se répercuter sur la production de miel et/ou sur l’activité pollinisatrice de la colonie.

    Néanmoins, il faut souligner que nos résultats ont été obtenus en conditions de laboratoire et qu’il est, de ce fait, difficile de les extrapoler aux conditions de pleins champs car ctuellement il est délicat de relier ces deux niveaux d’approches. Mais il est clair que l’introduction d’une nouvelle génération de produits phytopharmaceutiques systémiques sur le marché nécessite des connaissances approfondies sur le mode d’action des substances actives et de leurs métabolites sur les abeilles non seulement en toxicité aiguë mais aussi en toxicité subchronique afin de mieux évaluer les risques de ces toxiques chez l’abeille.

    Séverine Suchail, Luc P. Belzunces et Bernard E. Vaissière

    Références bibliographiques

    Araki Y, Bornatsch W, Brauner A, Clark T, Dräger G, Kurogochi S, Sakamato H, Vogeler K. (1994). Metabolism of imidacloprid in plants. 8th Int Congr Pestic Chem, Whashington, Poster session 2B, N°157.
    Atkins EL, Kellum D. (1986). Comparative morphogenetic and toxicity studies on the effect of pesticides on honeybee brood. J. Apic. Res. 25:242-255.
    Bendahou N, Bounias M, Fleche C. (1999). Toxicity of cypermethrin and fenitrothion on the hemolymph carbohydrates, head acetylcholinesterase, and thoracic muscle Na+, K+-ATPase of emerging honeybees. Ecotoxicol. Environ. Saf. 44:139-46.
    Bonmatin JM, Moineau I, Charvet R, Fleche C, Colin ME, Bengsch ER. (2003). A LC/APCI-MS/MS method for analysis of imidacloprid in soils, in plants, and in pollens. Anal. Chem. 75:2027-33.
    Haynes KF. (1988). Sublethal effects of neurotoxic insecticides on insect behavior. Ann. Rev. Entomol. 33:149-168.
    Nation JL, Robinson FA, Yu SJ, Bolten AB. (1986). Influence upon honeybees of chronic exposure to very low levels of selected insecticides in their diet. J. Apic. Res. 25:170-177.
    Singh S. (1950). Behavior studies of honeybees in gathering nectar and pollen. Mem. Cornell Univ. Agric. Exp. Sta. 288. 57pp. Ithaca, NY.
    Storner A, Wilson WT, Harvey J. (1983). Dimethoate (Cygon): effect of long-term feeding of low doses on honeybees in standard-size fields colonies. Southwest. Entomol. 8:74-177.
    Suchail S, Guez D, Belzunces LP. (2000). Characteristics of imidacloprid toxicity in two Apis mellifera subspecies. Environ. Toxicol. Chem. 19: 1901-1905.
    Suchail S, Guez D, Belzunces LP. (2001). Discrepancy between acute and chronic toxicity induced by imidacloprid and its metabolites in Apis mellifera. Environ. Toxicol. Chem. 20 :2482-2486.
    Vandame R, Meled M,Colin ME, Belzunces LP. (1995). Alteration of the homing-flight in the honey bee Apis mellifera L. exposed to sublethal dose of deltamethrin. Environ. Toxicol. Chem. 14:855-860.

    http://www.apiservices.com/abeille-de-france/articles/toxicite_subchronique.htm

  • La mort des abeilles, un “signal d’alarme” selon un scientifique

    La mort des abeilles, un “signal d’alarme” selon un scientifique

    Un des premiers scientifiques français à avoir participé aux études sur les effets du pesticide Gaucho sur les abeilles souligne le caractère anormal de la disparition des butineuses. “Chaque fois que les pollinisateurs ont des problèmes, cela augure de problèmes plus graves si on ne réagit pas rapidement, ils servent de signal d’alarme”, estime Jean-Marc Bonmatin, chimiste au CNRS d’Orléans, dans un entretien à l’AFP.

    Un des premiers scientifiques français à avoir participé aux études sur les effets du pesticide Gaucho sur les abeilles souligne le caractère anormal de la disparition des butineuses. “Chaque fois que les pollinisateurs ont des problèmes, cela augure de problèmes plus graves si on ne réagit pas rapidement, ils servent de signal d’alarme”, estime Jean-Marc Bonmatin, chimiste au CNRS d’Orléans, dans un entretien à l’AFP.

    Les apiculteurs, qui réclament le retrait des “pesticides tueurs d’abeilles”, ont de nouveau manifesté mercredi à Nantes, lors de la venue du président Jacques Chirac pour les premières assises territoriales de l’environnement.

    La semaine dernière, le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard avait refusé de suspendre l’utilisation du Gaucho sur les cultures de maïs, tout en prolongeant l’interdiction sur le tournesol pour trois ans.

    Ce produit, fabriqué par la firme allemande Bayer et commercialisé dans quelque 140 pays, est utilisé sur environ 70 cultures différentes.

    La commission des toxiques a relevé à la mi-janvier que “l’évaluation du risque réalisée ne permet pas de démontrer que le traitement de la semence de maïs par la préparation Gaucho puisse être seul responsable (…) des mortalités d’abeilles et plus globalement de la baisse de la production apicole”.

    De fait, les causes de la mort des abeilles sont multiples : varroas (acariens), virus, pesticides en général et mauvais temps. Seulement, “le seul paramètre sur lequel on puisse jouer véritablement, ce sont les pesticides” fait remarquer M. Bonmatin.

    Le CNRS et l’INRA regardent de près désormais les effets des pesticides “propres” – ils ne sont plus répandus sur les champs mais sur les graines avant semences – que sont le Gaucho et le Régent, un produit concurrent contre lequel les apiculteurs viennent de porter plainte.

    Les études scientifiques ont mis en avant trois types de toxicité du Gaucho.

    La toxicité aiguë, c’est-à-dire la dose létale qui tue immédiatement une abeille, est de l’ordre de 4 nanogrammes par abeille.

    La toxicité sublétale, qui attaque les fonctions vitales de l’abeille sur quelques jours et perturbe sa capacité à butiner, est de 3 microgrammes par kg de nourriture.

    Enfin, la toxicité surchronique, c’est-à-dire la petite dose qui, prise régulièrement, conduit à 50% de mortalité, commence dès 0,1 microgramme par kg.

    “Or on retrouve dans les pollens de tournesol et de maïs 3 microgrammes/kg en moyenne, soit trente fois plus”, souligne M. Bonmatin. “Mais il faut nuancer par des hypothèses d’exposition car les abeilles ne butinent pas que le maïs ou le tournesol”, précise-t-il.

    La firme Bayer avait affirmé dans un premier temps que le produit ne montait pas dans la fleur. Mais ses propres études ont montré par la suite qu’on en retrouvait 2 microgrammes/kg dans le nectar, selon le scientifique d’Orléans.

    “Le principe de précaution est invoqué pour l’homme mais il ne l’est pas vraiment pour les abeilles”, souligne M. Bonmatin.

    Ce type de recherches se fait sous pression, étant donné les intérêts économiques en jeu. “Dès le début du programme, en janvier 1998 j’ai reçu personnellement une lettre de Bayer me menaçant d’un procès en diffamation”, se souvient-il.

    “Plus tard les apiculteurs ont déduit de nos recherches que les sols étaient tous contaminés car nous avions retrouvé des traces de toxiques dans 91% des sols, ce qui était tout de même une conclusion abusive et cela, aussi, nous a mis sous pression”, a-t-il regretté.

    Orléans
    Jeudi 30 janvier 2003

    http://www.apiservices.com/_menus_fr/index.htm?dossier_intoxications.htm&1

  • Mort des abeilles : Inertie de la Commission

    Mort des abeilles : Inertie de la Commission

    Lors de la dernière session de septembre du Parlement européen, Dominique Souchet, par une question orale sur le lancinant problème de la mortalité massive des abeilles, et Georges Berthu, par son intervention dans le débat, ont tiré une fois de plus la sonnette d’alarme. Voilà plusieurs années, depuis 1995 exactement, que l’on a constaté en France des problèmes totalement anormaux de dépérissement des colonies d’abeille. La situation s’aggrave d’année en année, l’étendue des zones touchées comme le nombre de ruches augmentent sans cesse, et maintenant, on peut dire que de nombreux pays d’Europe sont affectés.

    Lors de la dernière session de septembre du Parlement européen, Dominique Souchet, par une question orale sur le lancinant problème de la mortalité massive des abeilles, et Georges Berthu, par son intervention dans le débat, ont tiré une fois de plus la sonnette d’alarme. Voilà plusieurs années, depuis 1995 exactement, que l’on a constaté en France des problèmes totalement anormaux de dépérissement des colonies d’abeille. La situation s’aggrave d’année en année, l’étendue des zones touchées comme le nombre de ruches augmentent sans cesse, et maintenant, on peut dire que de nombreux pays d’Europe sont affectés.

    Il apparaît à l’examen que cette mortalité des abeilles ne relève pas d’une pathologie classique. Plusieurs autres hypothèses ont été étudiées comme le climat, la pollution générale ou l’utilisation erronée de produits phytosanitaires. Mais si elles peuvent parfois encourir une part de responsabilité, elles ne peuvent en aucun cas expliquer le mal dans toute son ampleur.

    En fait, selon les experts et les professionnels, une cause principale est bien identifiée : l’environnement des ruchers, lorsqu’il comprend des champs de cultures mellifères, colza, tournesol, maïs, dont les semences ont été traitées à l’aide d’insecticides du type Gaucho ou Régent. Bien entendu, les fabricants industriels répondent que le lien n’est pas établi formellement, mais l’expérience montre la concomitance complète entre les troubles des abeilles – perte du sens de l’orientation, tremblements, incapacité à butiner et finalement la mort – et la présence à proximité de cultures issues de semences traitées au Gaucho ou au Régent. Plus les observations se multiplient, plus ces conclusions se confirment. Pourtant, rien de décisif n’est encore venu des pouvoirs publics, et de la Commission en particulier, sinon des paroles d’apaisement, le lancement d’études et quelques mesures ponctuelles comme, en France, la suspension provisoire d’autorisation du Gaucho pour le traitement des semences de tournesol.

    C’est pourquoi la commission de l’agriculture du Parlement européen, à l’initiative de Dominique Souchet, a organisé une audition à ce sujet le 28 avril dernier. Les enseignements que nous en avons tirés sont alarmants, car le problème des abeilles pourrait bien n’être que la partie la plus visible d’un problème plus vaste affectant les insectes pollinisateurs, l’entomofaune et la faune du sol. Les molécules du Gaucho et du Régent pourraient donc être néfastes, non seulement pour les abeilles mais pour un environnement beaucoup plus large.

    Et ne nous arrêtons pas là ! Les molécules étant présentes dans les produits agricoles utilisés en alimentation humaine ou animale, il y a lieu de s’inquiéter aussi pour notre propre santé. C’est pourquoi, devant ce risque d’empoisonnement diffus de l’écosystème – et peut-être des hommes – nous exigeons l’application du principe de précaution. Or les réponses de la Commission à la question orale de Dominique Souchet ont été une fois de plus beaucoup trop attentistes. Le principe de précaution implique, à notre avis, d’interdire l’utilisation des produits en cause, au moins sur toutes les cultures mellifères. Il faudra aussi prendre des mesures pour que les apiculteurs soient dédommagés et puissent reconstituer leurs ruches.

    Europe des Nations
    Lettre des députés MPF au Parlement Européen
    Directeur de la publication : G. Berthu
    Commission paritaire : 1102P11220

    http://www.apiservices.com/intoxications/communique_mpf_10_2003.htm

  • L’interdiction du Gaucho : une grande victoire pour l’apiculture française et européenne !

    L’interdiction du Gaucho : une grande victoire pour l’apiculture française et européenne !

    Par une décision de ce jour, le ministre de l’Agriculture vient d’interdire le Gaucho pour les cultures de maïs. Cette décision politique, qui prend enfin en compte les résultats de plusieurs années de recherches scientifiques démontrant la toxicité de la molécule imidaclopride, est l’aboutissement du long combat judiciaire de l’Apiculture Française et particulièrement de l’UNAF.

    Par une décision de ce jour, le ministre de l’Agriculture vient d’interdire le Gaucho pour les cultures de maïs. Cette décision politique, qui prend enfin en compte les résultats de plusieurs années de recherches scientifiques démontrant la toxicité de la molécule imidaclopride, est l’aboutissement du long combat judiciaire de l’Apiculture Française et particulièrement de l’UNAF.

    Censuré deux fois par le Conseil d’Etat et contraint à la décision, M. GAYMARD s’est enfin plié aux exigences de la loi.

    Après six années de procédure, face à la mauvaise foi de BAYER, des responsables politiques et de l’administration, les apiculteurs obtiennent satisfaction.

    Condamné pour avoir appliqué une méthode d’évaluation illégale des risques, le ministre vient d’en tirer les conséquences.

    L’Union Nationale de l’Apiculture Française exige désormais qu’aucune nouvelle dérive de même nature ne soit à déplorer. Elle sera d’une extrême vigilance.

    Elle exige pour les nouvelles molécules, que le contrôle de la toxicité soit effectué dans la transparence et le respect scrupuleux des exigences de la loi.

    Au jour où le ministre de l’Agriculture tire enfin les leçons de ce rappel à la loi, l’Union Nationale de l’Apiculture Française s’inquiète notamment de la régularité des contrôles opérés sur deux nouveaux insecticides, « la clothianidine » et « le thiametoxam », en cours d’examen pour leur homologation.

    L’Union Nationale de l’Apiculture Française s’inquiète également très vivement de l’absence inacceptable d’études concernant les effets potentiels des cultures OGM sur les abeilles… Sur ce terrain aussi, la filière apicole sera d’une extrême vigilance.

    L’Union Nationale de l’Apiculture Française entend que les pouvoirs publics prennent rapidement des mesures fortes sur le plan économique et technique pour soutenir enfin la filière apicole.

    Paris, le 25 mai 2004
    Communiqué de l’Union Nationale de l’Apiculture Française

    http://www.apiservices.com/_menus_fr/index.htm?dossier_intoxications.htm&1

  • Les scientifiques du Comité Scientifique et Technique confirment la toxicité du “gaucho”

    Les scientifiques du Comité Scientifique et Technique confirment la toxicité du “gaucho”

    Au terme de son travail d’expertise sur la mortalité des abeilles en France, le Comité Scientifique et Technique, mis en place au ministère de l’Agriculture, a rendu le 18 septembre 2003 son rapport final sur l’”Imidaclopride/Gaucho” utilisé en enrobage de semences. Très claires, les conclusions valident les analyses de résidus d’imidaclopride dans les végétaux traités. Le Comité Scientifique et Technique conclut que ces résultats “sont en accord avec les observations de terrain rapportées par de nombreux apiculteurs en zone de grande culture (maïs, tournesol), concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs troubles comportementaux et certaines mortalités d’hiver”.

    Au terme de son travail d’expertise sur la mortalité des abeilles en France, le Comité Scientifique et Technique, mis en place au ministère de l’Agriculture, a rendu le 18 septembre 2003 son rapport final sur l’”Imidaclopride/Gaucho” utilisé en enrobage de semences. Très claires, les conclusions valident les analyses de résidus d’imidaclopride dans les végétaux traités. Le Comité Scientifique et Technique conclut que ces résultats “sont en accord avec les observations de terrain rapportées par de nombreux apiculteurs en zone de grande culture (maïs, tournesol), concernant la mortalité des butineuses, leur disparition, leurs troubles comportementaux et certaines mortalités d’hiver”.

    La nouvelle confirmation officielle d’une présence du neurotoxique dans les végétaux traités, en corrélation directe avec la décimation du cheptel apicole français, rend plus inacceptable que jamais le maintien du produit sur le marché. Cette confirmation intervient opportunément au moment même où plusieurs instructions pénales, ouvertes à Paris et en Midi-Pyrénées, mettent gravement en cause les contrôles opérés par l’administration et la légitimité des homologations délivrées.
    Le Comité Scientifique et Technique entreprend dès aujourd’hui, 19 septembre, ses travaux sur le Fipronil/Régent également mis en cause dans ces instructions pénales et commercialisé depuis 1995 sur une simple autorisation provisoire.

    L’Union Nationale de l’Apiculture Française déplore que les travaux de recherches effectués par les organismes scientifiques officiels, CNRS, INRA, etc… aient été délibérément rejetés par le ministère de l’Agriculture lors de leur parution depuis plusieurs années.

    Ce manque de réaction délibéré a entraîné la destruction supplémentaire de centaines de milliers de colonies d’abeilles, au préjudice de dizaines de milliers d’apiculteurs français et au préjudice de l’environnement.

    Aujourd’hui, la décision de retrait s’impose inéluctablement. La filière apicole l’exige sans délai.

    L’affaire dite “du gaucho”, qui dure depuis plus de 7 ans, a coûté aux contribuables quatre millions d’euros de financement de recherches post-homologation, a entraîné la ruine de beaucoup d’entreprises d’apiculture et des préjudices considérables pour tous les apiculteurs. Elle met en évidence les carences intolérables du service des homologations des produits phytosanitaires en France.

    Cette situation extrêmement préoccupante pour la santé publique comme pour la défense de l’environnement, ne peut perdurer. Les Pouvoirs Publics doivent prendre des décisions immédiates pour établir un climat de confiance et la transparence nécessaire.

    Le président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française,
    Jean-Marie SIRVINS.

    Paris, le 19 septembre 2003

    http://www.apiservices.com/_menus_fr/index.htm?dossier_intoxications.htm&1

  • Imidacloprid – Rapport CST – aus der französischen Urfassung in die deutsche Sprache übersetzt

    Imidacloprid – Rapport CST – aus der französischen Urfassung in die deutsche Sprache übersetzt

    Am 18. September 2003 präsentierte das vom Französischen Landwirtschaftsministerium einberufenen Comité Scientifique et Technique, nach einer 18 monatige Tätigkeit, die Ergebnisse ihrer Arbeit : den entgültigen Bericht über die Wirkung von Imidacloprid (Gaucho) als Beizmittel auf die Bienen (aus der französischen Urfassung in die deutsche Sprache übersetzt: Beilage). Über 300 Studien und litterarische Dokumente wurden herangezogen und bewertet. Es galt zu ermitteln in welchem Maße die Bienen Imidacloprid ausgesetzt sind und welche Menge Imidacloprid der Biene ein Schädigung zufügt.

    Am 18. September 2003 präsentierte das vom Französischen Landwirtschaftsministerium einberufenen Comité Scientifique et Technique, nach einer 18 monatige Tätigkeit, die Ergebnisse ihrer Arbeit : den entgültigen Bericht über die Wirkung von Imidacloprid (Gaucho) als Beizmittel auf die Bienen (aus der französischen Urfassung in die deutsche Sprache übersetzt: Beilage). Über 300 Studien und litterarische Dokumente wurden herangezogen und bewertet. Es galt zu ermitteln in welchem Maße die Bienen Imidacloprid ausgesetzt sind und welche Menge Imidacloprid der Biene ein Schädigung zufügt.

    Rückstände in Pollen, Nektar und Böden. Die Rückstände in Sonnenblumen Pollen (gebeitze Pflanzen) sind im Durchschnitt 3,3 ppb und bei Mais 3,5 ppb. Im Raps Pollen (Kanadischer Winter Raps) sind 3,15 bis 3,5 ppb zu finden. Der Sonnenblumen Nektar ist im Durchschnitt mit 1,9 ppb belastet. Der Nektar des Kanadischen Rapses mit 0,5 bis 0,85 ppb. Die Rückstände im Boden liegen im Durchschnitt nach dem ersten Jahr bei 10,25 ppb.

    Toxizität auf die Bienen. Eine einmalige Einnahme von 4 bis 71 ng Imidacloprid pro Biene führt innerhalb von 48 Stunde zu 50% Todesfall. Eine täglich Einnahme von 12 pg pro Biene über einen Zeitraum von 10 tagen führt zum selben Ergebnis. Störungen im Verhalten der Bienen sind mit einer Einnahme von 0,2 ng pro Bienen in einem Zeitraum von 10 Tagen zu erreichen.

    Fünf Scenarien wurden festgelegt und der jeweilige Risiko-Faktor (PEC/PNEC) ermittelt: (Ein Risiko-Faktor über 1 stellt ein Risiko dar, wie höher der Faktor umso höher das risiko für die Bienen)

    PEC : vorhergesehen Konzentration in der Umwelt
    PNEC : Konzentration ohne Auswirkung auf das Organismus (Biene)

    Nach dem heutigen Wissensstand, der festgelegten Scenarien sind die ermittelten Risiko-Faktoren besorgniserregend. Sie stimmen mit den Beobachtungen vieler Imker in Großkulturzonen (Mais und Sonnenblumen) überein, bezüglich der Flugbienenverluste (Scenario 4), der Verhaltensstörungen und der Winterverluste (Scenario 5).

    Demzufolge führt die Sonnenblumen-Beitze mit Gaucho zu einem erheblichen Risiko für die Bienen in unterschiedlichen Altersstadien, ausgenommen die Flugbienen welche Sonnenblumenpollen beim sammeln verzehren (Scenario 3).

    Den Mais betreffend ist das Risiko bei dem verzehr von Pollen durch die Ammenbienen genauso besorgniserregend. Dies könnte zu einer erhöhte Sterblichkeit führen und würde die weiteren Verluste nach dem Verbot von Gaucho auf Sonnenblumen erklären.

    Diese Untersuchung berücksichtigt nicht das Risiko von Imidacloprid gebeitztem Raps, da in Frankreich es nicht zugelassen ist.

    Weiter werden auch nicht die Rückstände in Nektar und Pollen von nicht gebeitzten Pflanzen (Phacelia, Senf, Ölrettich,…) die auf Verseuchten Böden gedeihen berücksichtigt.

    Es ist auch noch zu erwähnen das Imidacloprid in einer sub-lethalen Dosis die Anfälligkeit der Bienen auf natürliche Erreger und Parasiten (Varroa) begünstigt und erhöht.

    Eric Zeissloff
    Seestraße 24
    D-13353 Berlin
    GERMANY
    Tel.: +49 (0)30 45493723
    Email: z.eric@onlinehome.de

  • Gaucho – ein Risiko

    Gaucho – ein Risiko

    Nun ist es wohl amtlich. Das im vergangenen Jahr mit der Prüfung der Wirkung des Pestizids Gaucho betraute Comité Scientifique et Technique (CST) des französischen Landwirtschaftsministerium kommt in seinem jetzt vorgelegten Untersuchungsbericht zu dem Schluss, dass das Gift für den Tod hunderttausender Bienenvölker in Frankreich mitverantwortlich ist. Umwelt- und Imkerverbände fordern deshalb ein Verbot des Agrogifts. In der Zusammenfassung des Papiers heißt es: »In Bezug auf Bienensterblichkeit und Orientierungsstörungen von Bienen stimmen die Ergebnisse der Studie mit den Beobachtungen zahlreicher Imker in Regionen intensiver Landwirtschaft (Mais- und Sonnenblumenanbau) überein. Die Saatgutbehandlung mit Gaucho stellt ein signifikantes Risiko für Bienen in verschiedenen Altersstufen dar.«

    Nun ist es wohl amtlich. Das im vergangenen Jahr mit der Prüfung der Wirkung des Pestizids Gaucho betraute Comité Scientifique et Technique (CST) des französischen Landwirtschaftsministerium kommt in seinem jetzt vorgelegten Untersuchungsbericht zu dem Schluss, dass das Gift für den Tod hunderttausender Bienenvölker in Frankreich mitverantwortlich ist. Umwelt- und Imkerverbände fordern deshalb ein Verbot des Agrogifts. In der Zusammenfassung des Papiers heißt es: »In Bezug auf Bienensterblichkeit und Orientierungsstörungen von Bienen stimmen die Ergebnisse der Studie mit den Beobachtungen zahlreicher Imker in Regionen intensiver Landwirtschaft (Mais- und Sonnenblumenanbau) überein. Die Saatgutbehandlung mit Gaucho stellt ein signifikantes Risiko für Bienen in verschiedenen Altersstufen dar.«

    Nach Angaben der Umweltgruppe »Coordination gegen Bayer-Gefahren« wurde die 108-seitige Studie im Auftrag des Ministeriums von den Universitäten Caen und Metz sowie vom Institut Pasteur erstellt.

    Bei Sonnenblumen wurde der Einsatz von Gaucho in Frankreich schon vor vier Jahren wegen des hohen Risikos für Bienen verboten. Das Bienensterben ging daraufhin jedoch kaum zurück – Imker machen hierfür den großflächigen Einsatz des Agrogifts im Maisanbau verantwortlich. Der Abschlussbericht des CST stützt diese These: »Was die Behandlung von Mais-Saat mit Gaucho betrifft, so sind die Ergebnisse ebenso Besorgnis erregend wie bei Sonnenblumen. Die Aufnahme von belasteten Pollen kann zu einer erhöhten Sterblichkeit von Pflegebienen führen, wodurch das anhaltende Bienensterben auch nach dem Verbot der Anwendung auf Sonnenblumen erklärt werden kann.

    Das Pestizid Gaucho (Wirkstoff Imidacloprid) wird vom deutschen Bayer-Konzern hergestellt. Mit einem Umsatz von über 500 Millionen Euro jährlich ist der Wirkstoff die Nummer 1 im Agro-Sortiment des Konzerns. In Deutschland wird es unter den Markennamen Gaucho und Chinook vor allem in der Raps-, Zuckerrüben- und Maisproduktion eingesetzt. Mit über einer Million Hektar Anbaufläche ist die Behandlung von Raps für die Bienen besonders problematisch. Kritiker vermuten, dass die hohen Verkaufszahlen der Grund sind, weswegen sich das Unternehmen trotz der gravierenden Bienenschädlichkeit mit Händen und Füßen gegen das drohende Anwendungsverbot wehrt.

    Die von den Bieneninstituten in Deutschland vorgebrachte These, der Befall mit Varroa-Milben sei für das Bienensterben verantwortlich, bezeichnet Fridolin Brandt von der Coordination gegen BAYER-Gefahren als vorgeschoben: »Wir haben seit 1977 mit Varroa-Milben zu tun, jahrzehntelang waren diese keine Gefahr. Erst der großflächige Einsatz von Pestiziden und die damit einhergehende Schwächung der Bienen führt zu den beobachteten Bienensterben.« Brandt ist seit 30 Jahren hauptberuflicher Imker.

    Sowohl der französischen Imkerverbands Union National d´Apiculteurs (UNAF) als auch der Deutsche Berufsimkerbund (DIBB) forderte nach der Vorlage des Berichts des CST ein vollständiges Gaucho-Verbot. (ND)

    Der Untersuchungsbericht des Comité Scientifique et Technique liegt vor bei Imkerei Fridolin Brandt Tel.: (089) 8401530, E-Mail : fridolin@imkereibrandt.de, Coordination gegen BAYER-Gefahren, Tel: (0211) 333911, Mail: CBGnetwork@aol.com

    (Neues Deutschland 24.11.03)

  • Französische Forscher: Insektizid ist Grund für Bienensterben

    Französische Forscher: Insektizid ist Grund für Bienensterben

    Sie wollen den Grund für das große Sterben finden: Imker, Behörden und vielleicht sogar die Pharmaindustrie. Denn den vergangenen Winter hat etwa ein Drittel der eine Million Bienenvölker in Deutschland nicht überlebt – doppelt so viele wie in den Jahren zuvor. War es die Varroamilbe, die Bienen befällt, oder doch das Pflanzenschutzmittel Gaucho, mit dem Bauern vermehrt ihr Saatgut behandeln? Eine Studie des staatlichen Wissenschaftlich-technischen Komitees in Frankreich hat den Streit nun neu entfacht: Die Behandlung der Saat mit dem Insektizid schwäche die Bienen und trage so zum großen Sterben bei.

    Sie wollen den Grund für das große Sterben finden: Imker, Behörden und vielleicht sogar die Pharmaindustrie. Denn den vergangenen Winter hat etwa ein Drittel der eine Million Bienenvölker in Deutschland nicht überlebt – doppelt so viele wie in den Jahren zuvor. War es die Varroamilbe, die Bienen befällt, oder doch das Pflanzenschutzmittel Gaucho, mit dem Bauern vermehrt ihr Saatgut behandeln? Eine Studie des staatlichen Wissenschaftlich-technischen Komitees in Frankreich hat den Streit nun neu entfacht: Die Behandlung der Saat mit dem Insektizid schwäche die Bienen und trage so zum großen Sterben bei.

    Die Wissenschaftler hatten zwei Jahre lang im Auftrag des französischen Landwirtschaftsministeriums alle Studien neu ausgewertet, die es zum Gaucho-Wirkstoff Imidacloprid gibt: 483 Analysen, Veröffentlichungen und Dokumente. “Fast alle haben wir aber als nicht relevant eingestuft”, sagt Jean-Marc Bonmatin vom Nationalen Zentrum für wissenschaftliche Forschung (CNRS) in Paris. “Viele Studien sind vom Gaucho-Hersteller Bayer durchgeführt oder in Auftrag gegeben worden und deshalb nicht objektiv.” Verwertbare Daten liefern dem promovierten Chemiker zufolge nur rund zehn Untersuchungen, die Hälfte davon hat er selbst durchgeführt.

    Der angegriffene Konzern weist jeden Vorwurf von sich. In einer Pressemitteilung kritisiert Bayer CropScience die Auswertung der französischen Forscher. “Befunde aus zahlreichen praxisnahen Versuchen blieben völlig unberücksichtigt”, schreibt die Firma. Stattdessen hätten die Forscher nur Laborexperimente ausgewertet. Es sei daher nicht zulässig, die Gefahr durch Imidacloprid abschließend zu bewerten. Anfang des Jahres hat Bayer selbst noch einmal eine große Studie mit seinen Insektiziden in vier französischen Regionen begonnen. Weltweit setzt das Unternehmen jährlich rund 600 Millionen Euro mit dem Stoff um, der unter anderem in den Pflanzenschutzmitteln Gaucho und Chinook wirkt.

    Auch der Präsident des Deutschen Berufsimkerbundes, Ulrich Hofmann, ist skeptisch: “Wir schließen eine Gefährdung durch Imidacloprid nicht aus, können aber nach wie vor keine beweisen.” Schon im Dezember 1993 wurde das Pflanzenschutzmittel Gaucho von der Biologischen Bundesanstalt in Deutschland zugelassen. Mittlerweile gibt es insgesamt 21 verschiedene Insektizide mit dem Wirkstoff Imidacloprid in Deutschland, die vor allem bei Raps und Mais eingesetzt werden. Das Nervengift soll die auskeimende Saat während der ersten Wachstumsphasen vor Fressfeinden schützen. Deshalb erhalten die Saatkörner vor dem Ausbringen einen Überzug mit dem Pestizid. Das Gift bleibt allerdings in der Pflanze erhalten, es findet sich sogar noch in der Blüte.

    Orientierungslos im Maisfeld

    Ob das die Bienen stört, ist umstritten. “Das Gift ist nicht allein Schuld an der Entwicklung, aber zu einem großen Teil”, folgert der Münchner Imker Fridolin Brandt aus seinen Beobachtungen. Mit Beginn der Maisblüte im August 2002 hätten sich seine Bienen immer weniger orientieren können, sagt Brandt. “Sie fanden nicht mehr nach Hause und starben.” Und viele Tiere, die den Stock erreichten, waren so geschwächt, dass sie im folgenden Winter eingingen. Dagegen glauben viele Fachleute nicht daran, dass das Pflanzenschutzmittel die Bienen beeinträchtigt. “In keinem einzigen Testversuch mit Imidacloprid ist auch nur die Andeutung von Schäden für die Bienen erkennbar gewesen”, erläutert der Leiter der Untersuchungsstelle für Bienenvergiftungen am Biologischen Bundesamt, Dietrich Brasse. Er glaubt vielmehr, dass die Varroamilbe den Insekten zusetzt.

    Womöglich wirken beide Faktoren zusammen: Nach Ansicht von Naturschützern könnte Gaucho die Anfälligkeit der Bienen für die Varroamilbe erhöhen, indem es das Abwehrsystem der Bienen schwächt. Denn der Parasit setzt sich auf dem Körper der Biene fest und saugt sie nach und nach aus.

    Die Argumente können alle Parteien in Kürze austauschen. Für Anfang 2004 plant das Bundesamt für Verbraucherschutz und Lebensmittelsicherheit eine Konferenz zum Bienensterben. Denn die Behörde, die seit vergangenem Jahr für die Zulassung von Pflanzenschutzmitteln zuständig ist, will die möglichen Gefahren nicht ignorieren. Wenn sich die Experten zusammensetzen, ist der Einsatz von Imidacloprid bei Sonnenblumen in Frankreich schon seit fast fünf Jahren verboten.

    Autor: Sven Preger
    Süddeutsche Zeitung, 26.11.2003
    http://www.apiservices.com/_menus_fr/index.htm?dossier_intoxications.htm&1

  • Comité Scientifique et Technique de l’Etude Multifactorielle des Troubles des Abeilles – Rapport final

    Comité Scientifique et Technique de l’Etude Multifactorielle des Troubles des Abeilles – Rapport final

    Le Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Peche et des Affaires Rurales décidait en janvier 1999 puis en février 2001 d’appliquer le principe de précaution pour repondre aux alarmes des apiculteurs face aux affaiblissments massifs des ruchers francais, en suspendant l’utilisation de Gaucho pour les traitements des semences de tournesol. Parmi les mesures d’accompagnement, le Ministre décidait la création d’un Comité Scientifique et Technique chargé de piloter une étude multifactorielle des troubles des abeilles.

    Le Ministre de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Peche et des Affaires Rurales décidait en janvier 1999 puis en février 2001 d’appliquer le principe de précaution pour repondre aux alarmes des apiculteurs face aux affaiblissments massifs des ruchers francais, en suspendant l’utilisation de Gaucho pour les traitements des semences de tournesol. Parmi les mesures d’accompagnement, le Ministre décidait la création d’un Comité Scientifique et Technique chargé de piloter une étude multifactorielle des troubles des abeilles.

    Comité Scientifique et Technique de l’Etude Multifactorielle des Troubles des Abeilles. Imidaclopride utilisé en enrobage de semences (Gauho) et troubles des abeilles – Rapport final
    http://www.chem.uu.nl/nws/www/research/risk/bijensterfte/rapportfin%20I.pdf

  • Les hécatombes d’abeilles ont des causes multiples

    Les hécatombes d’abeilles ont des causes multiples

    Le Monde, 19 septembre 2009 samedi

    Pour la première fois, un consensus émerge dans le monde scientifique et apicole sur les causes des surmortalités qui affectent les populations d’abeilles de la plupart des continents. Ce tournant est perceptible au congrès Apimondia, qui réunit à Montpellier, du mardi 15 au dimanche 20 septembre, 500 scientifiques spécialistes de l’abeille et 10 000 participants.

    Le Monde, 19 septembre 2009 samedi

    Pour la première fois, un consensus émerge dans le monde scientifique et apicole sur les causes des surmortalités qui affectent les populations d’abeilles de la plupart des continents. Ce tournant est perceptible au congrès Apimondia, qui réunit à Montpellier, du mardi 15 au dimanche 20 septembre, 500 scientifiques spécialistes de l’abeille et 10 000 participants.

    Après plusieurs années marquées par la recherche infructueuse d’un ” tueur ” patenté de l’abeille – virus, parasite ou pesticides -, la théorie de facteurs multiples, qui agiraient séparément mais aussi combineraient leurs forces, est de plus en plus partagée. C’est désormais l’axe de recherche privilégié. ” Nous n’avons toujours pas d’explication claire du phénomène, mais nous sommes sûrs qu’il n’a pas une cause unique “, affirme le biologiste Peter Neumann, responsable d’un programme international de prévention des pertes de colonies baptisé Coloss.

    ” On peut faire un parallèle avec la grippe chez l’homme, qui peut avoir des conséquences graves si l’organisme est déjà affaibli, a expliqué Jeff Pettis, directeur de recherche au ministère de l’agriculture américain. Je pense que l’abeille est soumise à toute une série de stress, et que les virus et autres pathogènes sont des opportunistes qui la tuent parce qu’elle est déjà affaiblie. ”

    Sur le terrain, l’hécatombe continue. Les chiffres présentés au congrès Apimondia confirment l’ampleur des mortalités. Aux Etats-Unis, le taux de pertes a atteint 30 % à la sortie de l’hiver dernier. Le Canada a également perdu quasiment un tiers de ses populations d’abeilles. En Europe, les chiffres varient entre – 10 % et – 30 %.

    En France, l’enquête effectuée par le Centre national de développement apicole (CNDA) devrait aboutir à un chiffre compris entre 20 % et 25 %. Au Moyen-Orient, les mortalités atteignaient, en 2008, environ 20 % du cheptel en Jordanie et au Liban, et allaient de 22 % à 80 % selon les régions étudiées en Syrie et en Irak. Des surmortalités ont également eu lieu au Japon, en Argentine et au Brésil, mais elles n’ont pas été quantifiées.

    Diverses théories se sont affrontées ces dernières années pour les expliquer. Les apiculteurs européens, en premier lieu les Français, accusent les pesticides, responsables d’intoxications aiguës, mais aussi soupçonnés de provoquer des intoxications chroniques.

    La plupart des scientifiques, eux, ont désigné comme coupable Varroa destructor, un parasite présent partout sur le globe, qui n’est pas toujours traité correctement par les apiculteurs. Un chercheur espagnol, Mariano Higes, voit plutôt dans le champignon microscopique Nosema ceranae la cause de tous les maux. Enfin, des scientifiques américains ont récemment suivi la piste d’un virus (Israeli acute paralysis virus) présent dans les colonies affectées par le syndrome d’effondrement des colonies. Mais aucune théorie ne l’a emporté.

    Les scientifiques parlent désormais de phénomène ” multifactoriel “. Les divers suspects seraient tour à tour responsables des mortalités – qui n’ont pas forcément les mêmes causes dans tous les pays. Mais surtout, la piste d’interactions entre eux est prise très au sérieux. Selon cette théorie, l’abeille serait affectée par une série de stress ” primaires “. Les virus et champignons seraient des agents ” secondaires “, qui profiteraient de la faiblesse des abeilles.

    La liste des ” stress ” subis par l’insecte est longue. Il y a bien sûr la présence du Varroa, surnommé le ” vampire de l’abeille “. Le changement climatique raréfie les disponibilités en eau. Les effets de l’exposition chronique aux faibles doses de pesticides présentes partout dans l’environnement et les interactions entre les multiples molécules utilisées ne sont pas correctement évalués. Enfin, l’appauvrissement de l’alimentation des abeilles, dû aux monocultures intensives, serait également en cause. ” On sait qu’avec un pollen dont la valeur nutritive est faible, l’abeille est moins bien armée pour détoxifier les pesticides “, explique Axel Decourtye, spécialiste des abeilles à l’Association de coordination technique agricole (ACTA).

    Marché mondial des reines

    Autre source potentielle de troubles : l’existence d’un marché mondial des reines, qui privilégie les variétés les plus productives au détriment de celles adaptées aux conditions locales, et appauvrit la diversité génétique. En Syrie, les apiculteurs ont remarqué que les colonies dont les reines avaient été importées mouraient en plus grand nombre que les espèces locales. Ces échanges favorisent, en outre, la diffusion des maladies et parasites.

    Les scientifiques sont encore loin d’y voir clair. ” La colonie est un système complexe – elle peut compter jusqu’à 40 000 abeilles – , qui peut être influencé par de multiples facteurs, variables dans le temps et l’espace, explique M. Decourtye. Nous avons affaire à des effets différés dans le temps très difficiles à appréhender. ”

    L’absence de données standardisées est un handicap majeur. ” Aujourd’hui, chaque pays déclare selon ses propres critères, et certains ne déclarent rien, relève Peter Neumann. Nous devons absolument avoir une idée claire des symptômes présentés par les colonies mortes ou affaiblies. ”

    Selon le chercheur, la question du déclin des pollinisateurs est ” gravement sous-estimée par les gouvernements “. La mortalité des abeilles n’affecte pas seulement les apiculteurs, contraints de ” remonter ” leur cheptel en divisant leurs essaims, en achetant de nouvelles reines… ou de mettre la clé sous la porte.

    Si la citation catastrophiste d’Einstein, qui prédisait l’extinction de l’homme quatre ans après celle de l’abeille, est apocryphe, les conséquences d’une disparition des insectes pollinisateurs seraient graves, estiment les chercheurs. Un tiers de l’alimentation européenne, en particulier les fruits et légumes, doit être pollinisé par des abeilles domestiques ou sauvages. ” Nous aurons moins de nourriture, dans un monde en croissance démographique, prévient M. Neumann. Sans parler de l’impact de la disparition des abeilles sauvages. ” Essentielles à la préservation de la biodiversité, celles-ci disparaissent elles aussi à un rythme inquiétant.

    Gaëlle Dupont

    L’étau se resserre autour des “tueurs” de l’abeille. Alors que l’hécatombe se poursuit, les chercheurs ne croient plus à l’hypothèse d’un responsable unique